H. 20 cm ; D. 54 cm ; VOLUM. 0,0458

M0536_2013.0.182

Le récit biblique de la décapitation de Jean Baptiste, sur ordre du roi Hérode pour prix de la danse de Salomé, donna lieu au développement d’une iconographie spécifique à la fin du Moyen Âge : le saint Jean Baptiste in disco, c’est-à-dire la tête du saint sculptée en haut-relief au fond d’un plat. Objet de dévotion au Précurseur de la Passion, cette œuvre devait orner l’autel à la Saint-Jean. Malgré le manque en partie supérieure du plat, l’inscription se lit : « SANCTU[s] [Johannes] [Bapt]ISTA ». Des traces de polychromie suggèrent la crudité de la vision du chef donnée par le sculpteur : le cou tranché aux artères saignantes qui se mêlent aux cheveux épars, la barbe raidie débordant sur l’aile du plat. Par contraste, une certaine douceur se dégage de l’expression. La dimension esthétique de cette vision repoussante est rehaussée par le caractère très travaillé du plat, à l’imitation d’un ouvrage d’orfèvrerie. Ce type d’œuvres sculptées en pierre, en bois ou en métal a été très prisé dans les pays germaniques, surtout en Rhénanie.

The Bible story of John the Baptist’s beheading (ordered by King Herod as a prize to Salome for her good dancing) was the source of inspiration in the late Middle Ages for a peculiar iconography: Saint John the Baptist in disco, or the head of the saint sculpted in high relief on a platter. The work was an object of devotion to the Precursor of the Passion and likely served as decoration on the altar for Saint John. Despite the missing text in the upper portion of the platter, the inscription can still be made out: “Sanctu[s] [Johannes] [Bapt]ista”. Paint traces suggest the artist’s raw vision: the neck sliced open to show bleeding arteries, blood mixing with strands of unruly hair, the stiff beard flowing onto the side of the platter. In contrast, Saint John’s facial expression is calm. The aesthetic dimension of this repulsive image is heightened by the fine detailing, which almost resembles silver or gold work. Sculpted stone, wood, or metal was highly prized in Germanic countries, particularly in Rhineland.